Politiques de gratuité des soins de santé au Mali : la CAD-Mali convainc les députés à interpeller le gouvernement


JPEG La salle de réunion de la commission santé de l’Assemblée Nationale du Mali a abrité ce samedi 8 novembre 2014 la séance d’interpellation des élus sur la problématique des soins de santé gratuits.

L’importance du sujet et l’intérêt de s’informer a mobilisé malgré le weekend end 100% des parlementaires de la Commission santé et des parlementaires de la commission finances. La séance visait à convaincre les membres desdites commission à convoquer très prochainement le gouvernement du Mali afin que ce dernier s’explique sur les contraintes liées à la mise en œuvre des politiques de gratuité des soins de santé en république du Mali et sur ses solutions envisagées.

Cette activité organisé sous la conduite de la Coalition des Alternatives Africaine Dette et Développement (CAD-Mali) en synergie d’actions avec Médecins du Monde France et Belgique, s’inscrit dans le cadre de son projet « suivi et plaidoyer budgétaire des fonds alloués aux politiques de gratuité des soins de santé dans le cercle de Kati » financé par DIAKONIA. Elle a enregistré la participation des représentants de Médecins du monde France et Belgique, d’Action Contre la Faim Espagne, de la Direction Régionale de la Santé de Koulikoro, du médecin chef du district sanitaire de Kati, des représentants de plusieurs structures associatives de santé communautaires (FENASCOM, FELASCOM), les représentants d’organes de presse écrite et radiophonique, les membres des Comités de Suivi à la Base (CSB) de deux districts sanitaires à savoir Kati et Ouélessebougou.

Avant d’exposer le motif de la séance d’interpellation ce samedi aux élus, une cérémonie d’ouverture avait déjà plantée le décor à travers deux discours engagés d’une part du Secrétaire Général de CAD-Mali et d’autre part du Représentant National de Diakonia au Mali.

Pour Nicolas SIDIBE de Diakonia Mali, permettre aux pauvres de vivre dignement nécessite un accroissement des ressources au profit des politiques de soins gratuits ciblant les couches vulnérables dont les femmes et les enfants.

Quant à Issa KAMISSOKO de la CAD-Mali, il a dit ceci aux députés : « Votre rôle primordial notamment le vote de la loi de finances et le contrôle de l’action gouvernementale, vous met au cœur des améliorations futures des conditions de santé des populations cibles des politiques de gratuité de soins de santé. Un grand espoir est placé en vous. Vos électeurs notamment les femmes et les enfants attendent de vous et du gouvernement des solutions à leur souffrance quotidienne. Ils comptent sur vos initiatives urgentes. Ils ne veulent plus avoir peur que leurs femmes meurent en voulant donner la vie. Ils souhaitent que vous fassiez de telle sorte à ce que leurs enfants ne meurent plus sous leurs yeux du fait des difficultés d’accès aux soins de santé.

Il est à noter que les deux CSB sont en exercice de réassemblage de preuves avec l’encadrement de la CAD-Mali dans le cadre du suivi citoyen des politiques de gratuité des soins de santé dans le Cercle de Kati depuis 2012.

Face aux députés, une société civile très mobilisée, des représentants de services techniques de santé fondant un grand espoir sur l’engagement des élus, et des ONG internationales dont les efforts doivent être mieux soutenus par des reformes du gouvernement.

Ainsi, à l’ouverture de la journée de discussions et comme pour dire qu’il est disposé à écouter la société civile, le Président de la Commission santé, le Pr Ouattara, spécialiste de la fistule obstétricale, relevé que pour cette mandature, la commission santé de l’Assemblée est constituée par des experts et praticiens de la santé. Ce qui constitue une opportunité d’appropriation rapide des préoccupations soumises.

L’exposé introductif à savoir le message du plaidoyer a été présenté par le Conseiller en suivi et plaidoyer de la CAD-Mali, M. Foussény TRAORE. Tout en saluant la synergie d’actions avec Médecins du Monde, il a mis l’accent sur :

  • la démarche de plaidoyer initié par la CAD-Mali et soutenu par Diakonia, (études et recherches, rapports d’analyse citoyenne, Ateliers d’interpellation des élus locaux de 15 communes, émissions radios, organisations des communautés, etc.) ;
  • les principaux éléments situationnels (paiement irréguliers des appuis financiers dû aux ASACO, faible communication entre les acteurs de la santé au niveau des communes, la fréquence des ruptures en stocks de médicaments gratuité sur environs la moitié de l’année, la responsabilité partagée entre les différents acteurs quant à la rupture en produits, le non respect des périodes de pics du paludisme dans les dotations en kits anti-paludisme.
  • les actions à entreprendre ensemble :
  • interpellation du gouvernement sur l’insuffisance dans la mise en œuvre des politiques de gratuité
  • un audit public sur le processus de mise en œuvre des politiques de gratuités des soins et la responsabilité des acteurs engagés,
  • trouver des solutions aux problèmes de Kit
  • mettre à profit le concept d’intercommunalité dans le cadre du partage des expériences notamment les innovations et la mise en commun des efforts dans le cadre de la solidarité ;
  • partager les innovations de certains districts sanitaires
  • prioriser le financement des politiques de gratuité des soins de santé par les fonds propres de l’Etat et des communes ;
  • mettre en place une instance spécifique de coordination des fonds et intrants alloués aux politiques de gratuité des soins de santé. JPEG

L’exposé introductif a ainsi lancé le ton et les acteurs de la société civile d’insister particulièrement sur :

  • le besoin d’harmonisation des diverses politiques souvent contradictoires que l’Etat a mis en place ces dernières années,
  • nécessité urgente de travailler à une implication effective et totale des collectivités territoriales dans le secteur de la santé tout en améliorant leur communication avec les Associations de santé communautaire (ASACO) ;
  • l’urgence d’auditer les ressources financières investies dans le cadre de la gratuité des soins de santé ;
  • la non prise en compte des pathologies post opératoires pour les cas de césarienne ;
  • la rareté de mise à jour des données statistiques de population sachant que les dotations en kits de soins gratuits sont faites sur la base de ces données qui sont dépassées.

La plaidoirie terminée, le président de la commission santé demande séance tenante à la société civile de l’accompagner à disposer d’un texte argumentaire pour l’interpellation très prochaine du gouvernement.

Une commission de travail de 10 experts dont le Conseiller en Suivi et Plaidoyer Budgétaire de la CAD-Mali, est mise en place sous la conduite d’un élu national membre de la commission santé. La commission de travail se réunira une fois par mois. Sa première séance de réflexion se tiendra avant fin novembre 2014. Le bout du tunnel est espéré. La CAD-Mali et Diakonia sont plus que jamais sollicités pour faciliter le processus d’appui au parlement dans son rôle régalien de contrôle de l’action gouvernemental et de vote de la loi de finances. Des efforts sont aussi à poursuivre pour continuer le travail de suivi citoyen en cours dans les communes.





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