APE la CAD-Mali poursuit sa croisade


La Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD) du Mali poursuit sa campagne contre la signature des Accords de partenariat économique (APE). C’est dans ce cadre qu’elle a restitué hier, au centre Aoua KETTA, les résultats de l’étude d’impact sur les services sociaux de base.

La cérémonie d’hier, qui s’est déroulée au Centre Aoua KEITA, rentre dans le cadre de la croisade de l’ONG CAD-Mali contre les futures négociations que notre pays, à travers la zone Afrique de l’ouest, est en passe de signer avec l’Union européenne. On y notait la présence de certains services de coopération et des services techniques de l’Etat.

La base fondamentale des APE est l’établissement d’une zone de libre-échange en supprimant progressivement l’essentiel des droits de douane entre les parties. Aussi, depuis avril, CAD-Mali mène-t-elle plusieurs activités pour dénoncer les APE, parmi lesquelles la restitution des résultats d’une étude portant sur les impacts des APE sur les services sociaux de base à Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao. Pour Mme BARRY Hanatou TOURE, la présidente de la CAD-Mali, les différents secteurs de notre économie vont subir directement la concurrence des entreprises européennes et des produits subventionnés issus de leur agriculture. Les impacts potentiels, attendus de tels accords, s’annoncent dramatiques pour les pays ACP dont le Mali. En considérant, a-t-elle soutenu, cette situation de précarité et de faiblesse dans laquelle se trouvent actuellement les marchés et l’économie des pays ACP. Il n’est de doute que ceux-ci sont encore fragiles et n’ont pas à présent réuni les conditions pour faire face à la compétition. De surcroît, selon Mme BARRY, l’intégration sous régionale, à peine amorcée, est encore loin d’être intégralement réalisée. Face à cette situation d’inégalité entre l’UE et les ACP, les acteurs de la société civile africaine et européenne se mobilisent depuis un certain temps et ont réussi, avec l’aide de certains dirigeants africains, à différer la signature des APE initialement prévue le 1er janvier 2008, a-t-elle expliquée. L’objectif de cet atelier visait donc à valider le rapport d’étude d’impacts des APE, à exposer les résultats d’étude d’impacts sur l’accès des services sociaux de base : la santé, l’éducation et l’alimentation. A travers le réseau Nord/ Sud Cotonou, la CAD-Mali contribue ainsi à informer et à sensibiliser les populations et les décideurs sur les enjeux des APE. Si le gouvernement est pour les APE, la société civile reste sceptique sur son efficacité. Car ce faisant, les économies africaines seront liées à celles de l’Europe. D’autre part, si la signature des APE a été différée jusqu’’en juin 2009 suite à la mobilisation des acteurs sociaux africains et européens, elle reste à l’agenda des dirigeants africains et européens. Cependant, seule une mobilisation de force pourrait engager une lutte contre la signature des APE. Rappelons que sur les Accords de Partenariat Economique (APE) sont définis dans l’accord de Cotonou comme le principal instrument de coopération économique et commerciale entre l’UE et les Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Quant à CAD-Mali, c’est un mouvement populaire de droit malien qui regroupe des associations, de syndicats, des ONG, d’opérateurs d’économiques, des confessions religieuses. Il appelle ainsi à la défense des droits des peuples et à la résistance au système néolibéral ; mais aussi, il fait montre de propositions alternatives.

www.malikunda.com

Salimata DIOUARA





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