Campagne de plaidoyer pour la réduction des tracasseries routières :


Par Pierre Fo’o MEDJO
L’Indépendant 23/06/2009


Le Mali, une fois de plus, prend la tête des pays ouest-africains épinglés dans les perceptions illicites

La Coalition des alternatives africaines dettes et développement et le réseau ouest africain des ONG contre le Sida (Wanaso) avec l’appui technique et financier de l’USAID ont procédé hier, lundi 22 juin, à l’hôtel Laïco el Farouk, au lancement officiel de la campagne de plaidoyer pour la réduction des tracasseries routières. La cérémonie d’ouverture était présidée par le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Jamile Bittar. Il était entouré du Directeur national des Transports Djibril Tall et de la représente de l’USAID, Vanessa Adams.

La libre circulation des personnes et des biens est loin d’être une réalité sur les corridors ouest-africains et cela à cause des prélèvements illicites, l’érection de barrières physiques et les retards engendrés par les tracasseries policières.

Dans son allocution, le représentant de CAD-Mali et Wanaso, Maouloud Ben Kattra, a relevé que l’Afrique de l’ouest a le système de transport routier le plus cher et le moins efficace du monde. Selon lui, le nombre de postes de contrôle aux cent kilomètres est de l’ordre de deux au Togo et au Ghana mais atteint cinq au Mali. Il a ensuite déclaré « c’est conscient de cet état de fait et soucieux de contribuer efficacement à la promotion de la bonne gouvernance dans ce secteur que CAD-Mali et Wanaso se sont engagés dans le processus de plaidoyer. Le présent projet vise globalement à contribuer à la promotion de la bonne gouvernance routière et à la diminution des entraves au commerce en Afrique de l’Ouest dans le corridor Bamako-Ougadougou. Pour atteindre ces objectifs, nous avons privilégié des activités axées sur l’atteinte des résultats probants. Il s’agit entre autres, du renforcement des capacités des acteurs par la formation des pairs éducateurs, de l’information et la sensibilisation des acteurs à travers des débats publics tant à Bamako qu’à Sikasso, des reportages par des journalistes sur l’axe Bamako aux frontières du Burkina Faso ». Vanessa Adams a, pour sa part, surtout insisté sur le défi du changement de comportement.

Quant au président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Jamille Bittar, il a déclaré que beaucoup reste à faire avant de déplorer le fait qu’il est plus facile d’échanger avec l’Europe et l’Asie que d’échanger entre pays ouest-africains. Et Jamille Bittar d’ajouter « s’il y avait une volonté politique nous n’en serions pas là aujourd’hui ». Pour conclure il dira « Nous ne ménagerons aucun effort pour accompagner la campagne ».

Selon ce rapport, en 2009, les pratiques anormales restent un phénomène grave, d’autant plus que les nivaux de perceptions illicites sont toujours élevés, tout particulièrement au Mali en dépit d’une légère baisse de ces dernières de 11% par rapport aux trimestres précédents.

Prélèvements illicites par corridor

Le corridor Ouagadougou-Bamako enregistre des perceptions illicites de l’ordre de 44 375 FCFA par voyage. Ce niveau élevé est essentiellement imputable au Mali, qui avec 33 625 FCFA, dont 6 625 FCFA rien que sur le contrôle de la surcharge, bat le record des perceptions les plus élevées par pays et par corridor au cours d’un voyage, loin devant le Burkina Faso qui, sur le même corridor enregistre 10 750 FCFA de perceptions illicites par voyage. Par contre, le corridor Lomé-Ougadougou enregistre les niveaux de prélèvement les moins élevés, avec 21 363 FCFA par voyage. Sur le tronçon malien du corridor, les corps les plus incriminés sont la police, suivie de la gendarmerie, de la douane et enfin des agents de perception de la taxe sur la sucharge. Sur le territoire du Burkina Faso c’est la Douane qui est notamment incriminée, sur le territoire togolais c’est la police qui est singulièrement indexée devant la douane. En comparant avec les résultats du 4e trimestre 2008, avec ceux du 1er trimestre 2009, on note une tendance à la baisse des perceptions illicites sur l’ensemble des trois corridors pilotes avec un taux de régression de 11%

La baisse la plus sensible est constatée sur le corridor Bamako-Ouagadougou avec un taux de recul de 23%. S’ensuit le corridor Tema-Ougadougou avec une réduction de 5%. En revanche, une forte augmentation des perceptions illicites est observée au niveau du corridor Lomé-Ouagadougou avec un taux d’augmentation de 23%, imputable au Togo.

Les perceptions illicites du Mali ont connu une réduction de 29% par rapport au trimestre précédent et demeurent cependant encore les plus élevées.





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