Lancement officiel de la campagne de plaidoyer contre les tracasseries routières


JPEG Le Centre pour le Commerce en Afrique de l’Ouest/Accra – West Africa Trade Hub/Accra (WATH/A), attaché à l’idée qu’un transport efficace signifie plus d’échanges commerciaux, a adhéré il y a deux ans à une initiative régionale gouvernementale de réduction des pots de vin et des retards le long des routes de camionnage en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, les premiers résultats deviennent évidents au Burkina Faso, au Ghana et au Mali au fur et à mesure que les gouvernements, les entreprises et les journalistes se rendent compte de l’impact économique de la corruption – et prennent des mesures pour faciliter le trafic des marchandises par la route.

C’est ainsi que dans le cadre de la promotion de la bonne gouvernance routière, la CAD-Mali et WANASO ont procédé au lancement officiel de la campagne de plaidoyer pour réduire les tracasseries sur le corridor Bamako-Ouagadougou, à l’Hotel Laico El Farouk le 22 juin 2009 et cela conjointement avec le lancement du 7ème rapport de l’Observatoire sur les Pratiques Anormales (OPA) sur les corridors inter-Etats.

Ce lancement a enregistré la participation de plusieurs acteurs du monde des transports routiers :

  • La représentante de la commission des transports de l’UEMOA ;
  • Le représentant du Ministère des maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine ;
  • Le Directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux du Mali ;
  • Le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali ;
  • La représentante de l’USAID-Trade Hub ;
  • L’équipe du WATH ;
  • Les pays invités :Sénégal,Togo,Bénin,Ghana, Burkina Faso ;
  • Les experts et consultants du secteur des transports ;
  • Les porteurs d’uniforme au Mali : Douane,Gendarmérie,Police ;
  • Les Points focaux et la coordination nationale de l’OPA au Mali et des autres pays ;
  • Le représentant du syndicat des transporteurs ;
  • Les représentant de la CAD Mali et de WANASO ;
  • Les représentants des autres OSC des pays membres et du Mali(ASCOMA…).

Les travaux ont démarré avec les allocutions de M. Jeamille Bittar Président de la CCIM, qui, après avoir remercié les partenaires techniques et financiers, a souligné que, malgré les efforts fournis par l’Etat dans le secteur des transports, beaucoup reste à faire pour l’amélioration de la libre circulation des personnes et des biens. Il a déploré en outre, le fait que les différents échanges entre les Etats de l’UEMOA soient freinés par des tracasseries et la transformation des postes de sécurité en postes de contrôle.

Il affirmera ensuite, que la balle est dans le camp des politiques qui doivent tout mettre en œuvre pour balayer devant leurs portes en supprimant les frontières et en mettant fin aux tracasseries. M. Djibril Tall, Directeur National des transports a pour sa part affirmé que la libre circulation des personnes et des biens reste un élément important pour l’intégration sous-régionale.

Il signalera le fait que, malgré l’existence de règlements, de textes législatifs et des infrastructures, des pratiques anormales existent et sollicitera l’engagement de tous, pour l’élimination des barrières et des prélèvements illicites qui restent néfastes pour l’approvisionnement des pays.

Pour le représentant des ONG CAD-Mali et WANASO M. Maouloud Ben Kattra, la libre circulation des personnes et des biens est loin d’être une réalité, surtout sur les corridors ouest africains et cela, à cause des prélèvements illicites, l’érection des barrières physiques et les retards engendrés par les tracasseries.

Il affirmera avec amertume, que l’Afrique de l’Ouest a le système de transport routier le plus cher et le moins efficace du monde. A ses dires, le corridor Bamako-Ouagadougou est le plus difficile, à cause de ses délais d’attente au niveau des barrières routières tenues par les forces de l’ordre.

Monsieur Amadou BA, Chef d’équipe OPA au Trade H a procédé à la présentation du 7ème Rapport de l’OPA allant de la période Janvier à mars 2009.

Il y ressort l’existence de comportements défavorables à la fluidité du trafic de transit sur certains corridors (Ghana-Togo-Burkina-Faso-Mali). Ainsi, le nombre de postes de contrôle aux 100km est de l’ordre de 2 au Togo et au Ghana mais atteint 5 au Mali. Pour ce qui concerne les temps de contrôle aux 100km, ils vont de 7 mn au Togo à 44 mn au Burkina Faso. Quant aux perceptions illicites, elles varient de 1667 FCFA au Togo à 7784 FCFA au Mali.

Quant aux perceptions illicites, par rapport au précèdent trimestre, ont baissé au Burkina Faso, au Ghana et au Mali. Par contre, ils restent élevés du fait du fait de l’application, sur deux des trois corridors, de la réglementation sur la charge à l’essieu sans délivrance de reçus, aux conducteurs dont les véhicules contreviennent à la réglementation. Consigné pour la première fois dans les statistiques du 4ème trimestre 2008, ce phénomène représente un peu plus de 46% du montant total perçu au Ghana et environ 20% du montant total perçu au Mali. Deux témoignes de chauffeurs,ils ont noté les difficultés qu’ils ont sur le terrain entre les différents corridors.

Les discussions entre les participants ont par ailleurs montré la nécessité d’un changement de comportement à tous les niveaux pour une croissance économique. Selon les témoins, la situation est pire que ce qui ressort dans le rapport. Par rapport aux perception illicites, Seydou Traoré (un des témoins), affirme les montants vont au-delà de ceux indiqués dans le rapport. Ces témoignages ont ouvert les discussions qui ont permis à certains participants de réagir et de donner leur opinion de la situation ;

  • C’est ainsi que d’aucuns proposent qu’on dénonce nommément les agents qui se livrent à ces pratiques anormales ;
  • Certains pensent qu’il y’a lieu de situer les responsabilités ;
  • D’autres en appellent à l’application des textes réglementaires qui régissent le secteur.

Sur ces discussions, ont pris fin les travaux dans l’espoir que les pouvoirs publics, la société civile et le secteur privé s’investiront davantage dans la sensibilisation, le plaidoyer ;et prendront des mesures nécessaires pour mettre un frein à ce fléau qui entrave la bonne circulation des biens et des personnes entre nos Etats et préjudiciables à notre économie qui n’est pas compétitive. Un cocktail déjeuner à clôturer la cérémonie de lancement des activités de plaidoyer.





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