Déclaration Finale du Forum des Déguerpi-e-s dans tous leurs Etats


A la veille du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, fêté avec faste, nous, UACADDDD (Union), ACOFEK, AME, APELD, ARACEM et Collectif de Huicoma et militant-e-s de la délégation du Japon, de Turquie, du Portugal, de France et de Belgique membres du réseau international No Vox réuni-e-s du 17 au 19 septembre 2010, dans le cadre du Forum des Déguerpi-e-s dans tous leurs états (déguerpi-e-s de la terre, de l’habitat, de l’emploi, des droits d’Afrique et d’ailleurs) à Bamako, condamnons  :

  • Les déguerpissements des logements ou des quartiers et les destructions de maisons au profit des spéculateurs, agences immobilières, fonds d’investissement avec la complicité de la gouvernance.
  • Les victimes d’expropriation de terres, les spoliations des paysans et la mise à mort de l’agriculture vivrière au profit de l’exploitation intensive des terres par les multinationales ou les états étrangers.
  • Les privatisations d’entreprises et les licenciements des travailleurs par des multinationales ou les nantis.
  • L’aggravation de la pauvreté et plus particulièrement celle des femmes et des enfants.
  • Les expulsions des migrant-e-s et les atteintes à la liberté de circulation dont ils sont victimes.

Nous exigeons :

  • - L’arrêt immédiat de toutes formes de déguerpissement ;
  • L’arrêt de toute répression contre celles et ceux qui revendiquent leurs droits et la garantie de toute expression démocratique ;
  • L’arrêt des trafics d’influence ;
  • La restitution des terres
  • Le recasement des déguerpi-e-s ;
  • Le respect des droits coutumiers ;
  • Le respect de la culture vivrière et l’autosuffisance alimentaire ;
  • Le démantèlement de tous les réseaux d’expropriation et la réparation des préjudices subis ;
  • L’arrêt des déguerpissements des maraîchers et des marchés ;
  • La restitution des terres aux jardiniers malades de la lèpre ;
  • La traduction en justice de tous les responsables de déguerpissement, de spoliation et de violence ;
  • L’arrêt de la privatisation de nos biens communs, de nos entreprises, et des licenciements ;
  • La renationalisation et le redémarrage immédiat des activités de Huicoma ;
  • L’arrêt des expulsions des migrant-e-s ;
  • La régularisation de tous les sans papiers et la reconnaissance de leurs droits dans les pays d’accueil ;
  • La restitution des biens des migrant-e-s expulsé-e-s ;
  • La facilitation de l’obtention des visas ;
  • L’application immédiate des textes ratifiés par le Mali en faveur des femmes dont la déclaration universelle des droits de la femme, et la déclaration universelle des droits de l’enfant ;

Nous nous engageons dans le cadre du réseau international No Vox à construire et consolider la solidarité internationale contre la pauvreté et pour la défense des droits des démuni-e-s.

Nous appelons l’ensemble des mouvements sociaux dans le monde à dénoncer ces situations et à soutenir toutes les formes d’actions qui seront engagés par les mouvements au Mali.

Nous réaffirmons notre ferme opposition à toutes formes de déguerpissements quelles qu’elles soient, et continuerons à lutter.

Bamako, le 19 septembre 2010

Les participant-e-s





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